Énumérations hâtives

Publié le par Gilles Decaix

Les énumérations hâtives dans le vivier saint
Le manquement stérile à des logiques de cadre
La gorge qui bout de soi comme un fœtus terrible

 

                  Une échelle et tu crèves
                  Une sentence et tu rajeunis

 

L’espacement d’un taffetas de hâle
La vitre qui claque à la gueule poudrée
Le bas noir qui traîne comme un dard

 

                   Un hospice et tu te barres dans la nuit
                   Une carte et tu en viens aux mains

 

La tour qui monte vers des nuages impropres à l’homme
Le lieu mièvre où se cache un cadenas aux rêves
L’étape des neiges avortées

 

                    C’est la nuit tu te prends une beigne
                    C’est le jour et à peine tu entends ton espoir

 

Le corps, à quoi bon ?
L’enfant, une mise scellée qui cède au destin
La différence, un inédit et

                                         Tu lis
Tu sais que tu n’as pas écrit

 

C’est le moment où tu acquiesces, où tu te mesures à cette autre vitre, en fait, tu es passé, tu es passé à autre chose, et le sentiment me vient qu’un carrefour peut-être t’a perdu. Tu n’es pas au clair, tu aimerais chanter mais ta voix n’est qu’un paso-doble.

 

« M’entends-tu ? », elle se colle à la lumière
« M’aimes-tu ? », elle se serre contre le monument

 

Qu’espérer, et que jeter. Cratère. Gras double. Gras nuptial. Grossesse à tout rompre.

 

Il ne faut pas jeter la nuit. Il ne faut pas enfreindre le jour qui parait de toute façon. 

(La poésie poterie, et ses mains, et ses devinettes qui dénudent. Oui : oui : des nuées : oui : des non-dits : oui : des styles) 
                                          et des stèles et parfois des sternes sauvages

 

Parler de toi (qui es morte (hier) ?)
Parler de (cet enfant rameur)
Remonter à la source, dessiner des images saintes, détruire puis baiser la lune

 

Le théâtre titube, et là, tu quittes la scène
Tu t’écartes -Tu mens - Tu es invisible

Pèle-mêle tu sors un peigne ou un couteau : des nuits à dire : des nuits é-échevelées 

Au matin
Au matin
Au matin

Au matin

Tu renonces

Tu es

Tu te dis

Tu te fêles

Tu taches

Tu es un verre

Tu es un verre tournoyant

 

Fais en sorte qu’autre chose que le soleil te polisse, qu’un autre événement, oui. Mot d’ordre, motion qui perdra ta barque.

 

E,n,f,a,n,t ???

E,s ???

Ah !!

/-/-/-/-/-/

 

Les mots se précipitaient, chassés. Le tunnel. Tu montais l’échelle. Non, un escalier.

 

Tu recommençais un autre soir
Tu détruisais des centaines de livres
Tu torréfiais ce sentiment que l’absurde est un lit
Au fond, après tout, n’avais-tu pas imaginé qu’un espace allait t’enlever

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