Poème à Lou, III

Publié le par Gilles

Elle, derrière le calque, la caresser de cette voix sourde ?

J'eus voulu un arbre, un parasol et un crayon
Défaire le ciel pour que l'étale emporte doucement les alluvions

J'eus désiré moudre le sable pour que pas même le carbone de ses pas demeura
Un aléa de nos vies en main, une seau dévidant son eau pure et fraîche

Ses baisers gravitaient autour du soleil reflété, ombres sensuelles
Deux poires pacifiques à mes yeux captifs

Ses linges blancs distillaient dans le jour un parfum qu'un oiseau enchanté reporta au nid nuptial
Vol alors que pas même le vent ne pouvait lasser

Trou d'air alors aussi élima le contour et força le très-haut
L'apnée chaude enluminait la transparence

C'est alors que le nous pouvait apparaître : brindilles folles
Nommer importait à ces visages tout lumineux

Le désordre nous fit goûter à la voûte fière, flux bienveillant
Qu'une aura céleste bénit invariablement diseuse de bonne aventure

Les anges en nage délimitaient l'eau claire de chaque côté du calque
La nuit allait tomber, nous fûmes enlevés au jour

Gilles Duval. Avril 2015

Publié dans Littérature

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