Les bébés ont le langage

Publié le par Lelibraire

"L'enfant, quel que soit son âge, peut bénéficier de l'acte analytique s'il souffre : il n'a pas à être considéré uniquement comme l'enfant-symptôme de la pathologie familiale, il est lui-même Sujet. Il n'a pas seulement "droit à la parole" : cette parole doit être entendue, "traitée" au sens où l'on traite une information. Lorsqu'il ne parle pas, ou pas encore, son corps parle de ses expériences passées et présentes. Le lieu corporel touché n'exprime pas seulement une atteinte physique, un symptôme médical, mais avant tout une souffrance de sa personne.

Les symptômes motivant une demande de consultation concernent aussi bien les régulations corporelles (troubles respiratoires, infections à répétition, troubles digestifs, maladies de peau, retard moteur, etc.) que comportementales (absence de dynamisme, trouble dans la relation, retrait autistique, violence, mutisme). Cela témoigne d'une prise de position concernant l'articulation entre le biologique et la psychanalyse qui n'est pas si fréquente. Devant la gravité de ces atteintes, on ne peut se contenter de dire que ce qui rend le plus malade est de ne pas être aimé ou que l'amour arrangera tout. La souffrance de ces enfants peut littéralement les faire mourir ou empêcher toute opération symbolisante malgré la qualité des soins qui leur sont prodigués. Elle provient avant tout du non-respect du savoir des origines."

Caroline Eliacheff. A corps et à cris. Être psychanalyste avec les tout-petits (1993)

Les bébés ont le langage

Publié dans Psychanalyse

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