Ce que dit le tain

Publié le par Lelibraire

" Je ne sais pas ce que le monde charrie de bévues, je n'ai pas le temps de chercher, je me momifie de mon chapelet, ce que cela pourrait désirer dire, un chapelet, j'égrène : le temps. Les diverses peines qui m'ossifient font mouvoir mon corps qui eût été sinon une belle pierre, oui, du désir adressé à la corruption de la pluie.

J'ai le mot : vie.

Des trajets dans la ville et j'opère un retour sur l'uniforme, une bille qui vaut la vie. La horde target, sort dédicacé à l'oubli, mais il y a encore trop de mots. Je cherche, j'abrège au plus fort, mon corps omis de la circulation.

C'est une cathédrale à part soi, là où le monde se déploie dans l'énigmatique, d'où se sédentarisent - et c'est le mouvement, les animaux mitraillés. Un peu partout une plantation sans aucun relief, arasant les dalles cruciformes, elle ignore l'espace.

Le trait me prend, je meurs de la dimension, je deviens unaire, solitude avant le sol. Dans cette précise lande, mon contour épouse l'inadaptation aux corolles porphyre, poudroiement des sirènes.

Sentir à l'opposé ma déflagration molle. "

Gilles Duval

Ce que dit le tain

Publié dans Littérature

Commenter cet article